Élevage de tilapia et de clarias : conduite et rentabilité
Le tilapia et le clarias portent l'essentiel de la production piscicole africaine. Voici comment conduire un lot du premier alevin à la vente : densités, alimentation, croissance, durée de cycle et calcul du coût de revient.
Marché très large, rusticité élevée. Exige un bon niveau d'oxygène et une gestion stricte de la reproduction (élevage monosexe mâle recommandé).
Clarias / silure (Clarias gariepinus)
25 – 30 °C
4 à 6 mois vers 800 g – 1,2 kg
Respiration aérienne : supporte des densités fortes et des eaux plus chargées. Attention au cannibalisme si les tailles ne sont pas triées.
Carpe commune
20 – 28 °C
8 à 12 mois
Adaptée aux étangs extensifs et à la polyculture, croissance plus lente en eau chaude que le tilapia.
Valeurs indicatives : la durée réelle dépend de la souche, de la température, de la densité et de la qualité de l'aliment.
Conduire un lot, étape par étape
Alevins et mise en charge
Achetez des alevins calibrés auprès d'une écloserie fiable, acclimatez-les progressivement (température puis eau du bassin) et notez la date, le nombre et le poids moyen d'entrée. Sans poids initial, aucune performance ne pourra être calculée.
Alimentation et ration
Aliment adapté au stade (miettes puis granulés), distribué en plusieurs repas. La ration se calcule en pourcentage de la biomasse et diminue avec la croissance : environ 8–10 % du poids vif au démarrage, 2–3 % en finition. Ajustez selon la température et l'appétit observé.
Pesées, tri et croissance
Pesez un échantillon toutes les deux semaines pour recalculer la biomasse, la ration et l'indice de conversion (kg d'aliment par kg de poisson produit). Triez les tailles pour limiter la compétition et, chez le clarias, le cannibalisme.
Où se gagne la rentabilité
L'aliment représente le plus souvent 50 à 70 % du coût de revient : c'est le premier levier de marge.
Un indice de conversion dégradé signale presque toujours un surdosage, une eau médiocre ou un lot malade.
La mortalité se chiffre : un lot perdu à 60 g coûte l'aliment déjà consommé, pas seulement l'alevin.
Le prix de vente dépend du calibre : sortir des poissons trop petits détruit la rentabilité du cycle.
Un registre par lot (entrées, aliment, mortalité, ventes) permet de savoir quel bassin gagne de l'argent.